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Portrait du mois de mai : Koffi Dodji HONOU

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16 mai 2017

Bonjour Dodji, Pouvez-vous vous présenter et nous parler de vos projets actuels ?

Bonjour, je me nomme Koffi Dodji HONOU, d’origine togolaise.

Je suis manager du FabLab Defkoakniep de Dakar, où nous travaillons sur la fabrication numérique et la vulgarisation de ces outils auprès des jeunes sénégalais, dans les écoles et dans les universités.

Je suis également FabLearn Fellow, un programme de l’université de Stanford en Californie qui vise à vulgariser l’apprentissage par la pratique et la fabrication numérique dans le système éducatif.

Je suis consultant et expert en création et installation d’espace de fabrication numérique.

 

Pourquoi, selon vous, il faut développer les usages du numérique dans les universités ?

Le numérique est omniprésent dans nos vies. Son développement est  tellement rapide que de nouveaux usages ne cessent de naître. Ainsi, il est très important de se développer dans les universités et dans le système éducatif en général afin de permettre aux apprenants et autres d’accéder à du contenu ouvert, actualisé et de qualité.

 

Quel est d’après vous le rôle du numérique dans l’éducation actuelle ?

Tout dépend du pays dans lequel on vit et selon les niveaux d’études.  Je dirais pour ma part qu’il est quasi inexistant dans les écoles publiques de nos états en Afrique de l’Ouest Francophone. La tendance reste la même à l’université et dans certaines écoles de formations.

Le numérique pourrait pourtant jouer un rôle déterminant dans la mesure où il permettra aux apprenants d’accéder à de nouveaux outils et contenus, à des cours de haut niveau via des MOOC par exemple.

Le numérique pourrait également résoudre une grande partie des problèmes d’accès à la documentation, qui reste problématique compte tenu du manque de bibliothèques ou de librairies.

 

Et si vous nous parliez un peu de votre FabLab. Depuis son lancement, quelles ont été ses principales missions ? Qu’avez-vous réalisé ?

Depuis le lancement du FabLab, en mars 2014, nous avons fait du chemin : Tout le développement et l’apprentissage en passant par la manipulation et la maîtrise des machines via les outils libres du numérique.

Nous avons ainsi insisté sur la formation des membres du FabLab et de la communauté dans l’appropriation des outils de fabrication numérique afin de maitriser les logiciels de conception et de contrôle numérique des machines. Nous avons également organisé plusieurs formations pour des étudiants, des élèves et des personnes n’ayant jamais touché des outils numériques.

Aujourd’hui, nous avons un programme dénommé Cheikh Anta Diop FabLab Académie, dont une partie du est d’initier les jeunes élèves de 7 à 14 ans et ceux de milieux à l’utilisation du numérique. 

 

Quel serait le rôle des FabLabs (espace collaboratifs dans l'introduction des nouvelles pratiques pédagogiques) dans le contexte Africain ?

Le Fablab offre beaucoup de possibilités et plus particulièrement des cursus d’apprentissage alternatifs. Nous offrons, dans le contexte africain, aux étudiants l’opportunité d’apprendre de nouveaux usages, de nouvelles technologies et bien d’autres. Ces technologies et usages sont d’actualité mais sont absents du programme de formation académique.

Le travail collaboratif, le partage de connaissance et l’apprentissage par les pairs en sont les fondements. Toutes ces pratiques ne sont pas forcément nouvelles dans nos cultures africaines, mais il serait intéressant de les intégrer dans les modes d’apprentissage via le numérique.

 

Quel lien pourriez-vous faire entre FabLabs et universités?

L’université est un lieu d’apprentissage sur des thématiques souvent spécifiques, suivant une structuration bien définie et varie selon le pays dans lequel on se trouve. Les FabLabs sont assez flexibles et restent des Laboratoires du ‘’tout est possible’’ où le non-universitaire, l’artisan, etc. peut enseigner l’universitaire et vice versa. Dans les FabLabs, tout le monde apprend de tout le monde et ce dans différents domaines, que l’on soit un expert ou pas.

Je dirai donc que le lien reste l’apprentissage, lieu de connaissance. Les universités apportent la connaissance théorique, les FabLabs apportent la pratique ; l’apprentissage par la pratique.

Les FabLabs apportent également le matériel dont pourraient avoir besoin les étudiants qui ne sont pas, pour la plupart du temps, disponibles dans leurs établissements.

En somme, je dirais que les deux peuvent et « doivent » bien collaborer, surtout en Afrique Francophone, où les universités ne disposent pas de laboratoires bien équipés et avec des moyens. Ces universités ne peuvent donc pas suivre et répondre à l’évolution très rapide des technologies et du numérique de pointe comme le ferait un FabLab.

Les FabLabs sont au point, à travers un réseau mondial, dont le partage des ressources en libre pour toutes les communautés est la règle d’or.

Ainsi, un FabLab à Dakar a facilement accès au même type de machines et aux contenus que développent d’autres Fablabs au MIT, à Stanford, en Chine, etc.

 

Que pensez-vous de l'évolution de l'usage du numérique dans l'enseignement ? Quelles sont les perspectives pour le futur ?

Toujours, en tenant compte des pays d’Afrique de l’Ouest Francophone, je pense qu’il reste encore timide et à la traine, et ce, malgré toutes les possibilités libres (Open Sources), existant.

Beaucoup de travail doit encore être fait.  Ce travail passe par la formation, car selon moi, le problème n’est pas forcément matériel mais plutôt celui de la formation des formateurs. Par exemple, nos enseignants chercheurs n’ont pas, pour la plupart, la maîtrise du numérique qui évolue sans cesse alors que les personnes (Etudiants) qu’ils doivent instruire sont plus en avance qu’eux dans l’usage du numérique.

En tant qu’enseignant, si vous maîtrisez les outils du numérique, vous pousseriez les décideurs à équiper les universités. Et bien sûr, les autorités universitaires et décideurs doivent faire leur part.

 

Votre dernier mot ?

Je dirais comme mot de fin que le numérique ne doit pas être pris comme une tendance à la mode. Il ne se résume pas avoir un ordinateur ou une tablette dans les mains. Le numérique est un ensemble d’outils puissants que l’on ne peut plus ignorer dans nos systèmes éducatifs.

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